Où sont les îles Andamans ? 1

Where are the Andamans islands? 2

Qui sont les Jarawas ? 3

Who are the Jarawas? 4

Pourquoi les Jarawas ne sont pas protégés malgré l’interdition d’entrer sur leur territoire ? 5

Why Jarawa are not safe despite the ban from entering their territory? 6

Combien de temps sommes-nous restés avec les Jarawas ? 7

How long did we stay with the Jarawa? 8

Pourquoi êtes-vous sûr de ne pas avoit transmis de maladies aux Jarawas au cours de vos voyages ? Avez-vous changé leur mode de vie ? 9

Why are you sure that you have not transmit any disease to the Jarawas when you met them ? 10

Quelles sont les solutions possibles pour sauver les Jarawas ? 11

What to do to save the Jarawas ? 12

Qu’est-il arrivé aux autre peuples afro-asiatiques des Andamans ? 13

What happened to the other Afro-Asian peoples of the Andaman islands? 14

Comment les autorités indiennes ont-elles réagit lorsqu’elles ont appris que vous aviez rencontré les Jarawas ? 15

How did the Indian authorities reacted when they learned that you met the Jarawa? 16

 

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ORGANIC JARAWA

 

Où sont les îles Andamans ?

Les îles Andamans sont situées dans l'océan Indien et administrativement rattachées au territoire des îles Andaman-et-Nicobar. La ville de Port Blair est la plus grande ville de ces îles et la capitale administrative du territoire. L’archipel comptent 204 îles (dont 38 sont habitées), situées entre le golfe du Bengale et la mer d'Andaman, à environ 200 km au sud de la Birmanie. Les îles comptent 314 239 habitants indiens et 420 Jarawas. Les îles Andamans abritent les derniers peuples afro-asiatiques du monde. Certains de ces peuples ont disparus comme les Grands Andamanais. D’autres sont quasiment éteints comme les Onges. Seuls les Jarawas et les Sentinelles ont réussi à résister et à préserver leur mode de vie.

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Where are the Andamans islands?

The Andaman Islands are located in the Indian Ocean and are an Union Territory of India. The territory's capital is the Andamanese town of Port Blair. The archipelago count 204 islands (of which 38 are inhabited) located between the Bay of Bengal and the Andaman Sea, about 200 km south of Burma. The islands have 314,239 Indian inhabitants and 420 Jarawas. The Andaman Islands are home to the last Afro-Asian peoples. Some of these peoples have disappeared as the Great Andamanese. Others are virtually extinct like the Onge. Only the Jarawa and the Sentinels have managed to resist to preserve their way of life.

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Qui sont les Jarawas ?

Les Jarawas sont l'un des derniers peuples afro-asiatiques des îles Andamans en Inde. Ce sont des pygmés. Ils sont chasseurs-cueilleurs et ils ont vécu dans un isolement total pendant des dizaines de milliers d'années. Les Jarawas sont les derniers descendants des premiers humains modernes qui, il y a environ 60 000 ans, ont quitté l'Afrique pour partir à la découverte du monde. Ils ne sont plus que 420 individus. Ils vivent en groupe d'une cinquantaine d'individus. Ils sont semi-nomades. Leur alimentation se constitue essentiellement de cochons sauvages, de tortues et de crabes ou de poissons qu’ils pêchent avec des arcs et des flèches dans les récifs coralliens. Ils collectent également des fruits, des racines, des tubercules et du miel. On sait très peu de choses sur l’histoire des Jarawas. Leur hostilité envers le monde extérieur les a préservés mais quasiment personne n’a pu étudier leur culture et leur langue.

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Who are the Jarawas?

The Jarawa are one of the few Afro-Asian peoples living in the Andaman Islands in India. They are pygmies. They lead a life of hunter-gatherers, and they’ve lived in total isolation for tens of thousands of years. The Jarawas are the last descendants of the first modern humans who left Africa to explore the world, 60,000 years ago. Their present numbers are estimated at 420 individuals. They live in small groups of about fifty individuals. They are semi-nomadic. Their diet is mainly wild pigs, turtles and crabs or fish they fish with bows and arrows in coral reefs. They also collect fruits, roots, tubers and honey. Very little about the history of the Jarawa are known. Their hostility to the outside world has preserved them but hardly anyone has been able to study their culture and language.

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Pourquoi les Jarawas ne sont pas protégés malgré l’interdition d’entrer sur leur territoire ?

Dans les années 70, la Grande Route des Andamans fut construite sur le territoire des Jarawas. Elle connecte la capitale Port Bair à la ville la plus au nord de la Grande Andaman, Diglipur. Elle traverse leur forêt. Fin 1997, pour la première fois, des Jarawas sont sortis de leur territoire pour visiter des villages indiens. Jusqu’ici, ils attaquaient les véhicules qui empruntaient la route.

Depuis, le long de cette route, s’est dévellopé un tourisme d’un genre particulier. Des convois militaires l’empruntent deux fois par jour, aller et retour. Ils accompagnent des dizaines de véhicules chargés de touristes qui espèrent prendre les Jarawas en photos : un véritable zoo humain. Nous en avons été personnellement témoins. Nous avons vus des gardes forestiers indiens placer de force des familles Jarawas sur une benne le long de la route pour que les touristes les photographient.

Ce scandale a été révélé par Gethin Chamberlain, un journaliste du Guardian qui a posté une vidéo tournée par un policier indien pour le compte d’un touriste. Il les encourage à danser contre de la nourriture. Le policier indien a été brièvement incarcéré.

Le 21 Janvier 2013, un collège de juges GS Singhvi et HL Gokhale a adopté une ordonnance provisoire interdisant aux touristes de prendre cette route. Mais une pétition pour sa ré-ouverture a été déposée au nom de la population locale, qui a déclaré que la Grande Route des Andamans était vitale pour l’économie de l’archipel. Le 5 Mars 2013, la cour suprême a finalement révisé son ordonnance en permettant à la route d’être de nouveau ouverte. Depuis, les safaris humains continuent.

En 2015, le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a déclaré vouloir accélérer le développement des îles Andamans pour promouvoir les installations militaires, le commerce et le tourisme. Les Jarawas sont directement menacés. Le député des Andamans, Bisnhu Pada Ray, veut faire élargir la Grande Route des Andamans, des travaux qui vont durer des mois et qui vont gravement affecter les Jarawas.

Car depuis ces quatre dernières années, la situation s’est déteriorée. Peu à peu, leur mode vie a commencé à changer. Les Jarawas ont commencé à porter des habits, à mâcher de la noix de bethel. Les gardes forestiers leurs ont fournis des outils, des lampes de poches avec des piles, de la lessive, des casseroles, de la nourriture comme du riz. En 2014, quatre enfants Jarawas soignés dans un hopital local sont morts à cause de mauvaises prescriptions médicales. La même année, des femmes Jarawas ont été enlevées par des indiens.

Dernièrement, des braconniers leur ont proposé du tabac et de l’alcool mais aussi de l’argent contre du gibier. La viande sauvage alimente un marché noir sur la Grande Andamane. Lorsque les Jarawas n’auront plus de gibier, ils n’auront plus qu’à sortir de leur territoire pour mendier leur nouriture et ce sera leur fin.

C’est pourquoi, alors que jusqu’ici, ils avaient refusé pratiquement tout contact avec notre monde, en 2013 et en 2014, ils sont sortis à nouveau et à plusieurs reprises de leur territoire pour se plaindre auprès des gardes forestiers de la présence des braconniers. Mais les autorités indiennes ne les ont pas écoutés.

Soyons clair, il s’agit d’un ethnocide. Les autorités locales, le ministère des Affaires Tribales nommé AJVVS et le gouverneur de l’archipel Mr AK Singh s’en rendent directement complices en ne prenant pas toutes les mesures nécessaires à la protection des Jarawas. Enfin, Bisnhu Pada Ray, le député des Andamans a déclaré en 2012 que les Jarawas voulaient abandonner leur mode de vie et rejoindre la communauté indienne. Mais personne ne leur a demandé leur avis. C’est pourquoi, en tant que journalistes, nous avons décidé d’outrepasser l’interdiction de les rencontrer pour leur donner la parole.

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Why Jarawa are not safe despite the ban from entering their territory?

In the 70s, the Andamans Trunk Road was built on the Jarawa’s territory. It connects the capital Port Bair at the northernmost town in the Great Andaman, Diglipur. It passes through their forest. At the end of 1997, for the first time, some Jarawa went out of their territory to visit Indian villages. So far, they attacked the vehicles using the road.

Military convoys take that road twice a day, two round trips. They secure dozens of cars loaded with tourists who hope to take some pictures of the Jarawa: a real human zoo. We have personally witnessed it. We saw Indian rangers put forcibly Jarawa families on a trolley along the route to help tourists to photograph them.

The scandal was revealed by Gethin Chamberlain, a Guardian journalist who posted a video made by an Indian policeman on behalf of a tourist. It encourages them to dance against food. The Indian police officer was briefly jailed.

On January 21, 2013, a panel of judges GS Singhvi and HL Gokhale passed an order prohibiting the tourists to take that route. But a petition for reopening was filed on behalf of local people, who said that the Andamans Trunk Road was vital to the local economy. The March 5, 2013, the Supreme Court has finally revised its ordinance and allowed the road to be reopened. Since then, human safaris continue.

In 2015, the government of Prime Minister Narendra Modi said he wanted to accelerate the development of Andamans islands to promote military facilities, trade and tourism. The Jarawa are directly threatened. The deputy of the Andamans, Bisnhu Pada Ray wants to expand the Grande Route Andamans, roadwork will last for months and will seriously affect the Jarawa.

For the past four years, the situation has deteriorated. Gradually, their way of life began to change. The Jarawa started wearing clothes, chewing bethel nuts. Rangers have provided them with tools, flashlights with batteries, pans, saop and food like rice. In 2014, four Jarawa children treated at a local hospital died because of bad medical prescriptions. The same year, of Jarawa women have been abducted by Indians.

Recently, poachers have offered them tobacco and alcohol but also money against game. Wild meat supplies black market on the Great Andaman. When the Jarawa will have more game, they will just have to get out of their territory to beg their nouriture and this will be their end. While so far, they had practically refused all contact with our world, in 2013 and in 2014, they came out their territory to complain to the rangers of the presence of poachers. But the Indian authorities have not listened.

This is ethnocide. Local authorities, the Ministry of Tribal Affairs appointed AJVVS and the governor of the archipelago Mr AK Singh are accomplicest because they fail to take all necessary measures to protect Jarawa. Finally, the deputy of the Andamans in 2012 said that the Jarawa wanted to give up their lifestyle and join the mainstream. But no one asked them their opinion. Therefore, we decided to bypass the ban to meet them to give them a voice.

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Combien de temps sommes-nous restés avec les Jarawas ?

Nous ne pouvons fournir que très peu d’informations sur la façon dont avons contacté les Jarawas. Afin de préserver l’anonymat de nos sources et de nos guides, nous ne dévoilerons aucun détails et aucun noms. Ces dernières années, nous avons rencontré les Jarawas à plusieurs reprises durant de très courtes périodes, quelques jours à la fois. Suffisament longtemps pour apprendre l’essentiel et recueillir leur message.

 

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How long did we stay with the Jarawa?

We can only provide very little information on how we have met the Jarawas. To preserve the anonymity of our sources and our guides, we will not disclose any details and no names. In recent years, we met the Jarawa repeatedly during very short periods of a few days at a time. Long enough to learn the basics and collect their message.

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Pourquoi êtes-vous sûr de ne pas avoit transmis de maladies aux Jarawas au cours de vos voyages ? Avez-vous changé leur mode de vie ?

Les Jarawas sont vulnérables aux virus, même les plus anodins, tels que la grippe ou la rougeôle. Bien évidement, nous avons pris toutes les précautions afin de ne pas leur transmettre de maladies. Nous avons fait tous les tests médicaux avant de partir en tournage afin d’être certains de ne pas être porteurs de virus. De plus, rencontrer les Jarawas n’est pas facile. Il faut marcher des jours dans la jungle et pour cela, il faut être en bonne santé. Enfin, nous n’avons pas changé le mode de vie des Jarawas. Cela fait déjà plus de dix ans que les gardes forestiers indiens leur fournissent de la nourriture, des gateaux, du riz, des outils, des lampes de poches avec des piles et de la lessive. C’est très simple de le vérifier puisque le ministère des Affaires Tribales des Andamans publie régulièrement la liste de ce qu’ils donnent aux Jarawas.

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Why are you sure that you have not transmit any disease to the Jarawas when you met them ?

The Jarawa are vulnerable to viruses, even the most innocuous, such as influenza or measles. Obviously, we have taken all precautions to avoid transmitting them any diseases. We made all the medical tests before starting shooting in order to be sure we were not not carrying any viruses. In addition, to meet the Jarawa is not easy. You have to walk for days in the jungle and for that, you have to be healthy. Finally, we have not changed the lifestyle of the Jarawa. It's been over ten years that the Indian rangers provide them food, cakes, rice, tools, flashlights with batteries and soap. It's very simple to verify this, since the Ministry of Tribal Affairs Andaman regularly publishes the list of what they give to the Jarawas.

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Quelles sont les solutions possibles pour sauver les Jarawas ?

Les îles Andamans font partie du territoire indien. Sans un mouvement populaire et massif de la part des citoyens indiens, rien ne sera possible. Mais vous pouvez tous vous mobiliser, quelle que soit la région du monde où vous vivez. Pour faire pression sur le gouvernement indien, nous avons lancé une pétition sur le site Avaaz.com. Cette pétition demande au gouvernement indien de fermer la route qui traverse le territoire des Jarawas et de developper des moyens de transports alternatifs entre les villes indiennes du nord et du sud de la Grande Andamane comme les ferrys. Il en existe déjà, mais il en faudrait plus.

Nous demandons à ce que les autorités et la police locale fassent cesser le trafic de viande sauvage et rendent le territoire des Jarawas totalement imperméable à toute intrusion de braconniers ou de qui que ce soit d’autres. Nous demandons également que le ministère des Affaires Tribales, l’AAJVS, fournisse à la communauté scientifique internationales ainsi qu’au organisations concernées des rapports réguliers sur leur action envers les Jarawas : à propos de leur protection bien sûr, mais aussi sur quels type d’objets ils leur fournissent. Nous pensons bien évidement à la lessive et aux lampes de poches utilisant des piles qui sont source de pollution, les bébés les portent à leur bouche. Les gardes forestiers pourraient tout aussi bien leur fournir des lampes à remontoir et de la lessive biologique. Les Jarawas font face à une invasion de détritus apportés par la mer mais qui sont aussi générés par leur changement de mode de vie. Ils ne savent pas comment gérer ce problème. C’est pourquoi, il est indispensabe que le gouvernement indien donne aux Jarawas les moyens necessaires pour que leurs campements ne se deviennent pas des poubelles à ciel ouvert.

Enfin, il est évident que le gouvernement indien, mais aussi tout un chacun, doivent œuvrer pour changer certaines mentalités et autres clichés qui sont encore très présents chez les Indiens, principalement chez les touristes qui empruntent la route pour des safaris humains. Ces touristes sont bien souvent issus de la classe aisée car un voyage aux Andamans coûte cher. Ils sont juges, médecins, hommes d’affaires, haut fonctionnaires et malgré leur niveau d’éducation, ils continuent de considérer les Jarawas comme des sous-hommes, des sauvages, ou alors, comme l’ont déclaré certains activistes et blogueurs locaux “des êtres naïfs comme des enfants, qui ont besoin d’apprendre à vivre dans notre monde”. Au XXIème siècle, cette mentalité n’est plus acceptable.

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What to do to save the Jarawas ?

The Andaman Islands are part of Indian territory. Besides a popular mass movement on the part of Indian citizens, nothing will be possible. But you can all mobilize, regardless of the region where you live. To pressure the Indian government, we launched a petition on the site Avaaz.com. This petition calls on the Indian government to close the road through the territory of the Jarawa and develop alternative means of transport between the northern and southern Indian cities of Great Andaman as ferries. It already exists, but it’s not enough.

We ask the authorities and the local police to stop the trafficking of wild meat and make the Jarawa territory totally impervious to any intrusion of poachers or anyone other. We also request that the Ministry of Tribal Affairs, AAJVS, provide the international scientific community and the organizations involved regular reports on their activities towards the Jarawa: about their protection of course, but also on what kind of objects they provide them. We think that the soap and flashlights using batteries are source of pollution, babies put it at their mouths. Rangers might provide them with flashlights wich are not using bateries and biological soap. The Jarawa are facing an invasion of rubbish brought by the sea but are also generated by changing their lifestyle. They do not know how to handle this problem. Therefore, it is essential that the Indian government gives Jarawas the necessary means to ensure that their camps would not become open-air garbage.

Finally, it is clear that the Indian government, but also everyone else, must work to change mentalities and clichés that are still very present among Indians, mainly among tourists who travel the road for human safaris. These tourists are often from the upper class as a trip to the Andamans is very expensive. They are judges, doctors, businessmen, officials and despite their high level of education, they continue to consider the Jarawa as subhuman, savages, and then, as stated by some local activists and bloggers "naive beings like children who need to learn to live in our world. "In XXI century, this mentality is no longer acceptable.

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Qu’est-il arrivé aux autres peuples afro-asiatiques des Andamans ?

Les Jarawas ne sont malheureusement pas les seuls Afro-asiatiques en danger. Il y a déjà eu des précedents dramatiques. Les Grands Andamanais ont totalement disparu. Les Onges qui vivent sur l’Andamane du Sud ont déjà fait les frais de la politique d’assimilation du gouvernement indien. Au début du siècle dernier, ils étaient près de 2000 individus, aujourd’hui moins d’une centaine d’entre eux survivent dans la misère dans une réserve au nord est de l’Andamane du Sud. Le ministère des affaires tribales les a relocalisés de force dans cette réserve, les obligeant à vivre à se sédentariser des maisons construites à cet effet. Ils leur ont fournit de la nourriture pour les empêcher de chasser. Cela a eu pour effet de les démoraliser et de leur faire perdre tout espoir au point que les femmes Onges sont devenues stériles. Malgré leur isolement au sein d’une réserve protégée, des braconniers ont réussit en décembre 2008 à leur fournir de l’alcool frêlaté avec du méthanol. Cet acte criminel a entraîné la mort six d’entre eux, quinze autres ont été hospitalisés suite à cet empoisonement. Depuis l’alcool s’est répandu au sein de leur petite communauté. Les Onges meurent en silence.

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What happened to the other Afro-Asian peoples of the Andaman islands?

The Jarawa are unfortunately not the only endangered Afro-Asian. There have been dramatic precedents. The Great Andamanese have totally disappeared. The Onge who live on South Andaman have already borne the brunt of the Indian government policy of assimilation. Early last century, there were nearly 2000 individuals, now less than a hundred of them survive in misery on a reservation north of South Andaman. The Ministry of Tribal Affairs has relocated them by force in this reservation, forcing them to live in houses built for them. They provide them with food to prevent them from hunting. This had the effect of demoralizing them and make them lose all hopeto the point that the Onge women became sterile. Despite their isolation within a protected reserve, poachers have succeeded in December 2008 to provide them with alcohol adulterated with methanol. This criminal act has killed six of them, fifteen others were hospitalized following this empoisonement. Since alcohol has spread in their small community. The Onges die in silence.

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Comment les autorités indiennes ont-elles réagit lorsqu’elles ont appris que vous aviez rencontré les Jarawas ?

Après avoir terminé le tournage de notre documentaire avec les Jarawas, nous en avons informé les autorités indiennes des Andamans. Leur réaction ne s’est pas fait attendre. Ils ont immédiatement communiqué auprès de la presse indienne afin de lancer une campagne mensongère à notre égard. Nous avons été accusés d’avoir transmit des maladies aux Jarawas et d’avoir changé leur mode de vie en partageant le riz que nous avions emporté comme provisions durant le tournage. Toutes ces accusations sont fausses et non fondées. Mais cela ne nous a pas surpris etant donné que nous mettons en cause la politique de l’état indien envers les Jarawas et que nous les accusons de ne pas les protéger et de ne pas leur permettre de choisir ce qu’ils veulent pour leur futur en les empêchant de parler.

Certains activistes indiens et européens nous ont accusés de vouloir précipiter la fin des Jarawas en diffusant notre documentaire. Une organisation basée à Londres qui prétend protéger les Jarawas nous a même appelé de ne pas diffuser notre documentaire. D’après eux, le fait d’avoir pénétré sur leur territoire et de les faire connaître va entraîner un afflux massif de touristes.

Notre réponse est simple. Les Jarawas sont déjà en danger. Il y a déjà près de 500 touristes par jour qui empruntent la route qui traverse leur forêt. C’est plus que le nombre de Jarawas qui sont 420. Il est impossible de penser que les Jarawas seront plus en sécurité si nous les laissons disparaître dans l’indifférence et l’anonymat. Evidement, nous ré-affirmons haut et fort qu’il ne faut pas rencontrer les Jarawas. Nous l’avons fait dans le cadre de notre travail pas pour y passer des vacances, ni par curiosité. C’est au gouvernement indien, aux ministère des Affaires Tribles, au gouverneur des Andamans et aux gardes forestiers et aux policiers indiens qu’il revient de protéger les Jarawas et de stopper les safaris humains en fermant la route de la honte. D’ailleurs leur mission est clairement exposée dans le rapport annuel 2012-2013 du ministère des affaires tribales . Il y est écrit que leur mission est de « satisfaire à son obligation et sa responsabilité de conserver l'écologie et l’environnement de la réserve constituée par le territoire tribal et de renforcer le soutien aux indigènes adivasi (les Afro-asiatiques) afin de leur permettre de continuer de vivre tel qu’ils l’entendent et de préserver ainsi un patrimoine unique pour l’Inde et pour le monde. » Ne rien dire et ne rien faire ne sert pas les intérêts des Jarawas. Et il est surprenant pour ne pas dire choquant que des activistes qui disent vouloir les défendre, refusent qu’on leur donne la parole.

Enfin, la meilleure des preuves que nous avons eu raison de rencontrer les Jarawas et de leur donner la parole, c’est que depuis que les autorités indiennes sont au courant de notre tournage, la sécurité s’est renforcée autour de leur territoire. Une vingtaine de braconniers ont été arrêtés. Mais cela n’est pas suffisant.

Pour finir, nous déclarons qu’en réalisant ce documentaire et en le distribuant à travers le monde, nous ne cherchons pas à donner des leçons aux citoyens indiens, ni à stigmatiser l’Inde. Nous mettons en accusation le gouvernement indien, pas les citoyens de ce pays. L’Inde est devenu l’un des géants économiques de notre monde globalisé. L’Inde a les moyens de protéger les Jarawas et nous sommes certains que c’est aussi le souhait de la majorité des Indiens qui refusent de perdre ce patrimoine unique au profit de quelques politiciens et d’hommes d’affaires corrompus. L’Inde est la plus grande démocracie au monde. Les citoyens indiens ont la possibilité d’exprimer leur choix en votant. Mais pour voter, il faut savoir. C’est pourquoi, les autorités indiennes et une certaine presse à l’éthique douteuse veulent nous réduire au silence.

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How did the Indian authorities reacted when they learned that you met the Jarawa?

 

After we finished filming our documentary with the Jarawas, we informed the Indian authorities of the Andamans. Their reaction was swift. They immediately communicated to the Indian media to launch a campaign of lies against us. We were accused of having transmitted disease to Jarawas and have changed their lifestyle by sharing the rice we had brought as provisions during filming. All these accusations are false and unfounded. But that does not surprise us given being that we question the Indian state policy towards the Jarawas and that we accuse them of not protecting them and not allow them to choose what they want for their future by preventing them from speaking.

Some Indian and European activists accused us of wanting to hasten the end of the Jarawa by broadcasting our documentary. A London-based organization that claims to protect the Jarawa even called us not to broadcast our documentary. According to them, having entered their territory and communicate the result is a massive influx of tourists.

Our answer is clear. The Jarawa are already in danger. There are already around 500 tourists a day who use the road through their forest. This is more than the number of Jarawa who are 420. It is impossible to think that the Jarawa will be safer if we let them disappear in indifference and anonymity. Obviously, we reaffirm loudly that nobody should meet the Jarawa. We did this as part of our work not to spend holidays or out of curiosity. It is the Indian government, the Ministry of Tribles Affairs, the Governor of the Andaman and forest guards and Indian police's responsibility to protect the Jarawa and stop human safaris by closing the road of shame. Besides their mission is clearly stated in the 2012-2013 annual report of the Ministry of Tribal Affairs. It says that their mission is to "fulfill its obligation and responsibility to preserve the ecology and environment of the reserve constituted by the tribal territory and strengthen support for indigenous Adivasi (Afro-Asian) to allow them to continue to live as they see fit and thus to preserve a unique heritage for India and for the world. " Say nothing and do nothing is not in the interests of the Jarawa. And it is surprising if not shocking that activists who say they want to defend them, deny them the right to speak.

Finally, the best evidence that we were right to meet with the Jarawa and give them a voice is that since the Indian authorities are aware of our shooting, security was strengthened around their territory. Twenty poachers were arrested. But this is not enough.

Finally, we declare that by making this documentary and distributing it throughout the world, we are not trying to give lessons to the Indian citizens nor stygmatize India. We charged the Indian government, not the citizens of this country. India has become one of the economic giants of our globalized world. India has the means to protect the Jarawa and we are certain that this is also the wish of the majority of Indians who refuse to lose this unique heritage for the benefit of a few politicians and corrupt businessmen. India is the largest democracy in the world. Indian citizens have the opportunity to express their choice by voting. But to vote, one must know. Therefore, the Indian authorities and some media ethically want to silence us.

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